
Amandine Alessandra est photographe, designer graphique et professeure à l’École de design de l’UQAM, où elle dirige l’axe Photographie et image médiatique. Originaire des Mascareignes, elle s’est formée en France hexagonale et au Royaume-Uni avant de s’établir à Montréal.
Elle détient une maitrise en arts plastiques et sciences de l’art de l’Université de Provence (2003) et une maîtrise en design graphique du London College of Communication, University of the Arts London (2009). Avant de rejoindre l’UQAM, elle a enseigné le design graphique pendant dix ans dans plusieurs universités britanniques, notamment au London College of Communication et comme professeure invitée à l’Académie libanaise des Beaux-Arts à Beyrouth.
Elle a contribué à de nombreuses publications internationales consacrées au design graphique, notamment chez les PUF, Thames & Hudson, Gestalten, Rockport et Laurence King, ainsi qu’aux magazines Slanted, Wired et Eye on Design (AIGA). Comme photographe, elle a collaboré avec des architectes, designers et directeurs artistiques à travers l’Europe ; ses images ont notamment été publiées dans Domus, The New York Times, Wallpaper*, Elle Decor Italia et Abitare. Elle a également cofondé à Londres la maison d’édition Tower Block Books et coécrit deux ouvrages qui proposent, à travers la psychogéographie et l’observation, une approche ludique de l’architecture et de la typographie.
Sa recherche-création se situe aujourd’hui au croisement du design graphique, de la photographie et de l’édition. Elle s’intéresse aux formes instables de l’image, du texte et du livre et, plus particulièrement, aux notions d’impermanence, d’hybridité et de matérialité. Au sein du laboratoire d’expérimentation typographique et interdisciplinaire TAO, qu’elle codirige, elle explore notamment la capacité des formes graphiques à s’inscrire dans des contextes de transformation. Ses recherches et créations prennent notamment la forme de performances et de pratiques collectives mobilisant le corps comme espace d’inscription et de production graphique, ainsi que d’installations et d’expositions présentées au Victoria & Albert Museum et à Somerset House à Londres, au Musée de l’imprimerie de Leipzig, lors du Salone del Mobile Milano et du London Design Festival.
Cette réflexion traverse plusieurs projets de recherche-création. Avec Judith Poirier, elle codirige Hypercodex : édition et hybridité à l’ère post-numérique (FRQSC, 2022–2027), consacré aux formes hybrides et transmédiatiques du livre et aux relations entre texte et image. Dans ce cadre, elle développe Peau de chagrin : mémoires photophobes, une microédition dont les images se révèlent puis s’effacent à la lumière, faisant de l’impermanence de l’objet un moyen d’évoquer la nature mouvante et insaisissable du souvenir.
Elle est également chercheure principale du projet Les formes graphiques éphémères (CRSH Développement Savoir), mené en partenariat avec l’Université de Reading et Central Saint Martins au Royaume-Uni. Ces recherches ont donné lieu à l’ouvrage Ephemeral Typography: Writing the Impermanent, à paraître chez Bloomsbury en 2027.
Son travail porte également un regard critique sur les transformations contemporaines de la pratique du design. Elle codirige avec Réjean Legault l’ouvrage collectif Quel futur pour le design ? Quel design pour le futur ? Manifestes et propositions, à paraître aux Presses du réel en octobre 2026, qui interroge les formes, pratiques et postures qui émergent dans la discipline face aux bouleversements écologiques, technologiques et sociaux.
Amandine Alessandra est membre chercheure du Centre de recherche Cultures–Arts–Sociétés (CELAT), centre interuniversitaire qui explore les formes du vivre-ensemble au croisement des disciplines.