Centre de design | Devoirs d’architecture | 24 sept. au 22 nov. 2020

22 septembre 2020

Le Centre de design a invité Jean-Pierre Chupin, professeur à l’Université de Montréal, à agir à titre de commissaire pour cette exposition mettant en parallèle les processus autant que les résultats de six concours d’architecture portant sur la conception d’écoles primaires. Il collabore avec les équipes du Lab-École et du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (LEAP). Cinq de ces concours ont été pilotés par l’organisme Lab-École pour des sites dans cinq villes du Québec : Saguenay, Maskinongé, Shefford, Gatineau et Rimouski. Le sixième, mobilisant des étudiants à la maîtrise, fut piloté par des chercheurs du LEAP, sous la direction d’Anne Cormier, architecte et professeure à l’Université de Montréal, suivant une démarche de recherche et de création visant à explorer les interfaces entre l’école et la ville.

Cet ensemble foisonnant de projets témoigne d’une immense capacité d’analyse et d’invention, déployée par des équipes d’architectes expérimentées autant que par des architectes en formation, autour d’une question stimulante et difficile – l’architecture des écoles primaires – aussi essentielle que maltraitée par les politiques éducatives depuis des décennies.

N’ayant pas fait l’objet de concours depuis plus d’un demi-siècle, la problématique des édifices scolaires a refait surface depuis quelques années. Elle avait été introduite, dans la foulée du rapport Parent, par un concours pour les écoles primaires en 1964. Par la suite, la situation a été cristallisée avec des approches gestionnaires ou des réponses technologiques misant sur l’industrialisation de la construction des écoles. « Les gouvernements successifs n’ont visiblement pas fait leurs devoirs d’architecture », dit le commissaire de l’exposition. « La fermeture des écoles imposée par la pandémie en 2020 a montré l’importance de la dimension humaine de la pédagogie, dimension que ne parviennent pas à transmettre les écrans de la technologie. Elle a également révélé par défaut – aux enfants, aux éducateurs comme aux parents – que l’école est un ensemble de lieux physiques précieux et irremplaçables ». 

Contredisant les tendances à la normalisation et à la standardisation des lieux éducatifs, la mise en parallèle des différents concours révèle que l’architecture des écoles primaires ne devrait pas être circonscrite dans des modèles à répéter quel que soit le contexte urbain. En invitant à de multiples comparaisons entre les sites, entre les attentes des différents acteurs, ainsi qu’à une exploration de la variété des propositions architecturales, le parcours proposé permet de considérer l’école comme un lieu d’apprentissage de ce rapport complexe au vivre-ensemble qui a pour nom l’urbanité.

Structurée autour de quatre grands thèmes, l’exposition aborde l’école dans ce rapport à l’urbanité. Car l’école est aussi une petite ville dans laquelle les lieux de rassemblement, les salles de classe, les emplacements collaboratifs et ceux qui permettent de cuisiner et de manger jouent un très grand rôle dans les diverses étapes de l’apprentissage.

À la différence des échanges virtuels par écrans interposés, les modes d’emploi des lieux d’apprentissage ne sauraient être standardisés. Leur conception appelle de nombreuses opérations de concertation qui doivent anticiper par la délibération, la meilleure architecture pour un contexte urbain donné. Tout cela, grâce à l’expertise et à la créativité des équipes de conception, ce qui constituera la meilleure disposition.

L’exposition ne prétend pas offrir de discours didactique par rapport à la question de l’école. Le dispositif scénographique va au-delà d’un simple résumé de toutes les phases de concertation et de conception associées aux concours. Il cherche à inviter le public à s’immerger visuellement et intellectuellement dans la complexité de la question. À chacun d’imaginer les intenses débats qui animent les jurys de concours.

Plus de détails sur le site du Centre de design